jeudi, 01 septembre 2005

Chère Claire,

Réponse à Claire :

 

Je ne vois pas quel écrit vous aurait mis le doute sur sa véracité.
Parfois, il s'agit de la retranscription de ce qu'il s'est passé. Parfois, l'expression d'un simple désir.
Mais quoi qu'il en soit, il s'agit toujours de moi. Ces mots aussi forts qu'ils puissent être, sont ce qui m'anime, ce que j'ai vécu, ce que je souhaite (re)vivre.

Concernant, le mal.. la douleur. Il n'est pas une chose aisée à expliquer. Mais si vous lisez par exemple ce texte [85 rue de la Pompe] Adresse qui existe par ailleurs.  (libre à vous de penser s'il s'agit de vécu ou  non)  Je parle autant de la douceur que de la douleur. Car ces deux extrèmes se rejoignent étrangement. Plus elles sont exacerbées plus on les sent transpercer notre coeur, notre corps. Certaines personnes ont besoin de sentir le puissant, le fort, le dur, le doux, pour prendre conscience de la présence de l'autre. J'en suis.  
Je ne suis pas masochiste, mais j'ai un  masochisme. (Ce n'est pas la même chose.) Une femme somme toute charmante a dit ou plutôt écrit sur son journal intime électronique: Quand tu me fais mal, j'ai moins mal. Je le pense aussi. Il n'est pas question ici de la douleur qui détruise, de la douleur qui vous perd. Non, il est question de la douleur qui vous dépasse, qui vous surpasse, à la limite de la transcendance. Je peux comprendre que l'on puisse être choqué ou à mille lieux de cela. Mais si l'on se remémore certaines choses, la douleur a toujours fait partie de l'érotisme et de l'initiation.La première fois que l'on fait l'amour, on a mal. Cet homme à qui l'on offre notre fleur transperce nos entrailles et pourtant on appelle ça l'acte d'amour.  Adolescente, je me souviens d'un film qui m'avait troublée, troublée dans le sens où je ne comprenais pas ce qu'il se passait.

Je plante le décor:

Un film pseudo tragico-romantique;  Deux amants se retrouvent, les moments sont si sulfureux et intenses qu'elle lui laisse toujours des marques de ses ongles sur le dos. Il rentre griffé, marqué par son aimée secrète. Cela peut paraître anodin, mais moi... ado naïve et innocente, je me demandais pourquoi ils avaient besoin de se faire mal, pourquoi il était troublé par ces traces.

C'est d'un tout autre degré mais la nature peut paraître similaire.

On a un besoin de marquer son territoire, de marquer l'être aimé. Soit par la douceur, soit par la douleur. Et là, pour le coup, il ne s'agit pas de sadisme, mais juste de prendre possession de l'autre.

Laissons à Hegel, La Dialectique du Maître et de l'esclave, théorie auquel j'adhère totalement (D'un point de vue philosophique et politique) étant une hégelienne convaincue. Mais ce n'est pas de ça dont il s'agit ici. Encore une petite précision, je ne parle pas d'esclavage.

Vous vous demandez qui a réellement le pouvoir; le dominant ou le dominé ?

A mon humble avis, ils ont tous deux un pouvoir certain, mais il ne s'agit absolument pas du même.

 Le contrôle ? Je suis persuadée qu'il appartient au dominant, avec l'accord de l'autre. Le dominé ne cherche qu'à s'abandonner, à lacher-prise, à s'oublier.

Le plaisir ? Chacun y trouve ce qu'il est venu chercher, car à chacun sa place.

En tant que dominée, mon plaisir n'est pas de manipuler le dominant, que les cieux m'en préservent ! Mais de sentir son autorité s'assoir. De le voir prendre la direction des choses. De me rendre chose.

Vous me dites que cela vous rappelle certaines choses.. donc vous savez que cela se vit.

J'ai essayé spontanément de répondre à votre post. J'espère que je vous ai offert plus de réponses que de questionnements.

Si ce n'est pas le cas... mes pages vous sont ouvertes.

 

Eleuthéria *En chair et en Os*