jeudi, 30 mars 2006

La Femme-Chatte

 

A bon entendeur...  

 

 

 

 

 

 

La Chatte transformée en femme

 

 

 

 

 

Un homme chérissait éperdument sa chatte ;
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaulait d'un ton fort doux :
Il était plus fou que les fous.
Cet homme donc, par prières, par larmes,
Par sortilèges et par charmes,
Fait tant qu'il obtient du destin
Que sa chatte, en un beau matin,
Devient femme ; et le matin même,
Maître sot en fait sa moitié.
Le voilà fou d'amour extrême,
De fou qu'il était d'amitié.
Jamais la dame la plus belle
Ne charma tant son favori
Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari.
Il l'amadoue ; elle le flatte :
Il n'y trouve plus rien de chatte ;
Et, poussant l'erreur jusqu'au bout,
La croit femme en tout et partout :
Un soir quelques souris qui rongeaient de la natte
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
Aussitôt la femme est sur pieds.
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir femme d'être en posture :
Pour cette fois elle accourut à point ;
Car ayant changé de figure,
Les souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce,
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout, certain âge accompli.
Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer :
Quelque chose qu'on puisse faire,
On ne saurait le réformer.
Coups de fourche ni d'étrivières
Ne lui font changer de manières ;
Et fussiez-vous embâtonnés,
Jamais vous n'en serez les maîtres.
Qu'on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres.

Fables de La Fontaine

 

 

Auteur de la gravure : François Chauveau

 

 

 

jeudi, 12 janvier 2006

Arrache coeur.

Christensen-Galerie Simonoff.

*

*

*

 

Arrache-moi le coeur,

Pour que je n'ai plus mal,

Arrache-moi la bouche,

Pour que je n'ai plus de venin,

Arrache-moi les yeux,

Pour ne plus avoir  de regard noir.

Arrache-moi  le coeur,

Mais ne te fais pas mal.

Il est gonflé d'épines,

Anciennes blessures, trop profondes pour guérir.

Il est tuméfié de tous les côtés,

Trop de coups reçus,

Espoirs déçus élevés en poignards,

Arrache-moi  et accroche-moi à toi.

 

 

dimanche, 08 janvier 2006

Une histoire de regard.......

A Monsieur Sinclair,

 

Picabia


Mais que se disent-ils, Nos yeux,

 Quel langage parlent-ils, Nos yeux,

Quel chant chantent-ils, Mes yeux,

Quels mots disent-ils, Vos yeux,

 C’est une histoire de regard,

 Juste le miroir de nos âmes,

Je me réfugie dans vos paumes, Monsieur, vous m’accueillez, Jusqu’à l’aube.

 Je ne suis plus cette jeune femme, Aux yeux poignards,

Ils s’adoucissent et deviennent aimants,

Non, nous ne jouons pas, L’âme-ment.

Ce sont des larmes qui coulent,

 Point de souffrance, Juste l’offrande, De perles de pluie de pays où il ne pleut pas.

 Moment qui reste mystère, Personne ne peut savoir,

Seuls nos yeux connaissent l’histoire …

Edward Munch


 

samedi, 07 janvier 2006

T'es toi.

john Wiliie.
Je me tais...
C'est à toi de parler,
Je me hais,
C'est à toi de l'extirper,
Tout ce mal,
Qui me ronge,
Tous ces mâles,
Qui sont passés avant toi,
Exorcise leur souvenirs.
Je me tais...
Ma bouche se ferme,
Pour ne plus vomir,
Son dégoût,
Mes yeux te parlent,
Le désir les hante,
Mon corps,
se retrouve dans l'attente.
Je me tais...
Trop d'acidité,
inonde ma bouche,
Je veux me taire,
Me laisser faire.
Je veux me taire,
Juste pour être.
Je veux me taire,
Ne plus être maitre.
Je veux me taire,
Fais moi naitre,
Je veux me taire.....
Je veux me terre.....

mardi, 03 janvier 2006

*** Je veux être une Maiko ***

Une geisha n'est pas une prostituée et ne le sera jamais. Il faut quinze minutes à une hôtesse de bar pour apprendre à s'asseoir sur un tabouret ; des années à une maïko pour être digne d'apparaître en société.
Eric Martin/Le Figaro Magazine
Je veux être une Maiko,
Objet de la délicatesse absolue,
Rêve masculin éternel,
Je veux être une Maiko,
Esthétisme
Aux règles et moeurs qui ne sont plus connus,
Atteindre cet absolu.
Je veux être une Maiko...
Apprendre à :
Bouger
Parler
Chanter
Manger
Marcher
Converser
Charmer
S'incliner
S'orner
Rêver
Faire rêver
Inspirer.
Devenir:
Patiente,
Gracile,
Gracieuse,
Cygne,
Fleur,
Oeuvre,
Jamais pieuvre,
Désir,
Flexible,
In-accessible,
Muse.
Je veux être une Maiko...
*
*
*
*
Petit voyage avec  Le Figaro :
                              http://www.lefigaro.fr/cgi/edition/genimprime?cle=200... 

dimanche, 18 décembre 2005

Rêve pieu.

Sans rien dire,
Je vais m'approcher,
D'un pas lancinant,
Pour mieux m'accrocher,
A cette hampe pendante.
Ma bouche dégouline de désir,
De toute sa béance,
Elle t'aspire,
Et arrache ta délivrance.
Je ne suis qu'un orifice,
Un foyer chaleureux,
Faisant l'office,
De  tes voeux pieux.
Après m'être faite sangsue,
Je le vois dans tes yeux,
Tu as mue,
Homme bienheureux,
Et c'est toute nue,
Que tu me traines,
Jusqu'au pieu.
La bouche encore pleine,
Les yeux jubilants,
Je sais que tu m'aimes,
Quand tu me rentres dedans.
(Photo Jan Saudek)

dimanche, 11 décembre 2005

Plus de Barbare à l'horizon...

Plus de Barbare à l'horizon...

Lisse, doux, blanc,

Mon corps se fait Sibérie,

Un vide infini.

Celui qui,

D'antan était terre conquise,

Ressemble à un desert.

Ancienne héroïne à sacrilège,

redevenue bout de chair vierge.

Il rêve en ce début d'hiver,

D'une sérénade jouée,

A même le corps,                                                       

Pour revivre son sort.

Portrait de Femme - Francis Picabia.

samedi, 17 septembre 2005

La vie, c'est comme une dent

 

La vie, c'est comme une dent
D'abord on y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher, la vie

 

Boris Vian

vendredi, 09 septembre 2005

Cet autre.

 

Deux corps qui s'affrontent,  complètement opposés.

Deux peaux qui se goûtent, pour être énivrées.

Deux coeurs qui s'écoutent, tam-tam de la Renommée.

Deux âmes qui s'éloignent....

Sont-elles déjà lassées ?

 

Image : Jan Saudek.

jeudi, 08 septembre 2005

=====Sans regret======

J'ai fait le deuil de me retrouver à vos pieds.

J'ai fait le deuil de vous appartenir,

J'ai fait le deuil d'être votre dominée,

J'ai fait le deuil, mais il faut vivre.

Tous les ingrédients étaient là,

Sauf l'essentiel,

le piment, le sel,

Je voulais que tout soit miel,

Mais ça n'avait pas de goût.

Juste celui de l'artificiel.

mercredi, 07 septembre 2005

"Retrouvailles"

 

Elle était là.. à côté, depuis maintenant de nombreuses années.

J'essayais de la fuir, pour enfin l'oublier.

Et pendant de longues années, je l'ai juste regardée.

 

Pardon ma vie,

Je n'ai fait que t'abîmer.

Pardon ma vie, de t'avoir ignorée.

 

Par tous les petits maux que l'on m'a infligé.

J'ai compris que je devais te dorloter.

Pardon, ma vie, je t'ai trop négligée.

 

J'ai repris ma vie,

après l'avoir longtemps mise de côté.

Maintenant, tu es à moi,

Emoi, je suis à toi.

                                                           [ Petite pensée de la journée en montant la rue Saint-Jacques ]

jeudi, 01 septembre 2005

L'artiste de ma vie

 

Parole de Ma Mère ce jour:

 

je vais reprendre ma peinture pour défouler mes

névroses sur les couleurs...

 

mardi, 23 août 2005

°°°°°° Ode à la Queue °°°°°°

Ô Queue,

Je veux venir boire à ta source,

La liqueur de ce vit,

En avoir pleins les papilles,

Ô Queue,

Je veux te voir conquérante,

Tel un vaisseau plongeant dans mon océan,

Belle Queue,

J'ai envie de te dorloter,

Mais avant, je veux,

T'escalader,

Te chevaucher,

Gravir ce mont des plaisirs,

Viens entre mes cuisses,

Enfonce toi,

Défonce moi !

A mort !

Râle!... râle!

Encore et encore.

Sois mon bâton de Pèlerin,

Montre moi le chemin,

Pour atteindre,

Enfin,

Ma faim.

Tu as le visage du Malin,

Pêcheresse,

Je te garde,

Je t'avale,

Tu es à moi,

 

Belle Queue,

Je veux te sentir au fond de mes entrailles,

Je te garde,

Je t'avale,

Tu me mets en émoi,

Dès que tu gicles en moi,

 

Douce Queue,

Tu deviens fragile, inoffensive,

Tu n'es plus conquérante,

Tu n'es plus Atalante,

 

Ô ma petite,

Viens dans mes bras,

Je vais enfin,

Te caresser,

Te dorloter,

Te caliner,

Pour te rendre plus forte,

Plus dure,

Et...enfin t'avaler....te garder.

 

Pour toi, ma "So".

lundi, 22 août 2005

*A m'en faire palpiter le coeur*

Tous ces murmures de miel,

Que vous glissez à mon oreille,

A m'en faire palpiter le coeur,

 

Toutes ces louanges,

Que vous m'arrachez au son du fouet,

A m'en faire palpiter le coeur,

 

Tous ces regards de glace,

Que vous me jetez,

Quand je deviens orage,

A m'en faire palpitez le coeur,

 

Toute cette douceur qui m'emprisonne,

Quand vous serrez la corde,

A m'en faire palpiter le coeur...

 

dimanche, 21 août 2005

L'attente


 Ce dimanche a été morose,

 Peut-être, parce que je n'ai pas d'écchymose,

Aucune trace sur mon corps,

Encore moins dans mon coeur,

 

Je hais attendre,

 

Surtout quand il s'agit de l'inconnu,

Et sans aucune retenue,

Je vous le dis,

 

Je hais attendre,

 

Dites-le lui, puis,

Qu'il l'entende,

Qu'il me fasse comprendre,

Que le temps n'est rien,

 

Dites-le lui,

Qu'il se fasse voleur,

Qu'il jette à la dérobée,

Toutes ces heures,

Qui vont nous séparer,

 

Dites-le lui,

Qu'il doit penser à moi,

Au moindre crissement de soie,

 

Mais Vous,

Dites-le moi,

Que ce temps entre nous,

Ne mérite pas mon désarroi.

 

 

dimanche, 14 août 2005

Oeil de sourd...

Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que - s'il - sauf - excepté -
Je ne vous entends pas.

Il s'agit, il ne s'agit plus.
Je voudrais ressembler -
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.

Paul Eluard, L'amour la poésie (1929)